WOLFGANG HERZBERG
1943 - 2025
ARTISTE DONT LE FONDS D’ATELIER À ÉTÉ CONFIÉ À INFINIST
Né à Dresde en 1943, Wolfgang Herzberg passe son enfance en Bavière, où sa famille s’est installée après la guerre. Son père, architecte, et décrit comme un homme très strict, l’emmène chaque dimanche visiter les grandes expositions munichoises ; le jeune Herzberg y découvre Kandinsky, Klee, les expressionnistes allemands et le Bauhaus, et comprend très tôt qu’il préfère la peinture aux loisirs sportifs.
Après l’école, il suit des formations professionnelles en arts appliqués, Gebrauchsgraphik et Kunsthandwerk. Il obtient plusieurs prix pour ses travaux de graphisme – jusqu’à un premier prix européen avec médaille d’or – mais sent que ce milieu ne lui convient pas et renonce à ouvrir sa propre entreprise. Il dira plus tard qu’il voulait garder pour la peinture une liberté que le monde de la publicité ne lui offrait pas.
En 1962, il quitte l’Allemagne pour la Suisse romande afin d’échapper au service militaire. Installé à Lausanne, il gagne sa vie comme peintre-décorateur dans le bâtiment ; son patron lui confie rapidement des chantiers importants, comme la décoration d’un escalier d’immeuble. Herzberg qualifiera ce travail de « métier lucratif », tout en soulignant qu’il continuait à peindre pour lui-même dès qu’il le pouvait. Il réalise aussi des décors de théâtre, notamment pour l’opéra Le Retour d’Ulysse de Monteverdi présenté à Mézières en 1989.
La rencontre avec Marie-Thérèse Aeschlimann, qu’il épouse, joue un rôle décisif : elle l’encourage à abandonner ses activités parallèles pour se consacrer entièrement à la peinture. À partir de 1973, Herzberg devient peintre à plein temps et commence à exposer, notamment à la Galerie Gagnebin à Morges en 1975, qu’il considère comme sa première véritable exposition personnelle.
En 1983, il installe son atelier à la Place du Vallon, au cœur de Lausanne, où il fréquente un cercle d’artistes locaux et se lie notamment avec Jean-Claude Vieillefond qui, en référence à sa précision et à son sens de l’harmonie, le surnomme « Amadeus ». Herzberg adhère à la Société des Peintres, Sculpteurs et Architectes, section vaudoise (future Visarte Vaud). Une quinzaine d’années plus tard, il emménage dans un vaste atelier au Chemin du Devin, orienté au nord, dont la lumière régulière lui convient particulièrement.
Les débuts de Herzberg se font dans le paysage : il croque à l’aquarelle sur le motif, puis reprend ses vues à l’huile à l’atelier.[1] Peu à peu, ce cadre lui semble trop contraignant. Il raconte qu’« en peignant des paysages, je sentais bien que j’ allais vers l’abstrait » : la ligne d’horizon disparaît, les détails se simplifient, et le tableau devient un terrain d’expérimentation pour les formes et les couleurs.
Sa peinture s’organise alors autour de cercles, carrés, rectangles, arcs de cercle et signes, qui structurent la surface. Herzberg explique que cette attirance pour la géométrie vient « par curiosité », mais aussi de sa formation de graphiste et d’artisan d’art. Il se décrit volontiers comme un « Méditerranéen de Silésie », formule qui résume son goût pour les couleurs vives autant que sa nature disciplinée.
La plupart de ses toiles sont intitulées Sans titre. Pour Herzberg, ces peintures ne sont jamais de simples arrangements décoratifs : « Pour moi, il y a toujours quelque chose », confie-t-il, qu’il s’agisse de figures, de situations ou de paysages intérieurs. Il préfère cependant « laisser les spectateurs libres » de projeter ce qu’ils veulent dans l’image, sans imposer une lecture par le titre.
Herzberg travaille la toile à plat, en tournant autour d’elle. Au début, il ne se soucie pas d’un haut ou d’un bas : l’orientation reste ouverte, et parfois le tableau peut être accroché dans plusieurs sens différents. Il aime dire aux collectionneurs : « Si vous avez envie d’un nouveau tableau, vous n’avez qu’à tourner celui-ci » et considère que retourner une œuvre est une manière de vérifier si la composition tient vraiment.
Techniquement, il ne travaille qu’à l’huile, ce qui lui permet de reprendre les surfaces sans limite : « Je commence à travailler quand je n’ai pas d’idées », explique-t-il ; c’est en peignant que les formes et les couleurs s’imposent. Il n’accumule pas les empâtements : plutôt que de superposer les couches, il gratte, efface, rectifie. « Je ne jette rien », dit-il encore, préférant transformer une toile insatisfaisante plutôt que la détruire. Pendant un temps, il explore les collages – découpant et recollant des fragments de ses propres peintures – avant de revenir à une surface plus unifiée.
Les grandes toiles qui le font connaître en Suisse romande sont des compositions géométriques très construites, où ronds, triangles, carrés, demi-lunes et barres verticales s’imbriquent dans des structures complexes. Le critique Pierre Jeanneret décrira un peintre qui « fait chanter la géométrie », tant la couleur y joue un rôle musical : accords vifs, passages plus sourds, nuances qui donnent aux tableaux une présence à la fois dynamique et calme.
À côté de ces grands formats, Herzberg développe une série de petits formats et collages plus intimes, que Jeanneret qualifie de fragiles et poétiques. Ces œuvres, souvent réalisées sur papier ou sur de petites toiles, relèvent d’une « peinture pure » : elles ne représentent rien de précis, mais ouvrent un espace de rêve et de contemplation pour le regardeur.
L’exposition de 2008 à la Maison des Arts Plexus de Chexbres marque une étape importante : plusieurs toiles de 2007–2008 y présentent des espaces plus dégagés et des couleurs parfois plus froides ou plus sombres.[1] Herzberg y voit une manière « un peu plus tourmentée », même si la dominante demeure, selon lui, pleine « d’éclat, de fraîcheur, de profondeur, d’optimisme ».
Dans les années qui suivent, la disparition de Marie-Thérèse constitue un choc majeur. Herzberg interrompt la peinture pendant environ deux ans avant de revenir à l’atelier.[2] L’exposition de 2015, à nouveau chez Plexus, témoigne de ce retour : les toiles y montrent une abstraction géométrique toujours aussi rigoureuse, mais nourrie d’une expérience de vie plus profonde.
Wolfgang Herzberg s’est éteint à Lausanne le 11 janvier 2025, dans sa 82ᵉ année.
Son œuvre, empreinte de rigueur, de couleur et de spiritualité, demeure l’un des témoignages discrets mais singuliers de l’abstraction en Suisse romande.
1975 Galerie CH, Rolle
1975 Galerie Gagnebin, Morges
1979 Galerie Plexus, Chexbres
1984 Galerie des Bastions, Genève
1984 Expo SPSAS « Format » Musée des Beaux Arts, Lausanne
1985 Galerie Planque, Lausanne
1988 Galerie Planque, Lausanne
1990 Galerie Planque, Lausanne
1992 Anker Bank, Zürich
1993 Clinique La Source / Home Recordon, Lausanne
1994 Galerie Planque, Lausanne
1995 SBG-Galerie Pavillon Werd, Zürich
1998 Galerie Planque, Lausanne
1998 LEX ARTIS Galerie, Zollikon
1999 Galerie Edouard Roch, Ballens (avec Jean-Pierre Vieillefond)
2001 Galerie Planque, Lausanne (collective)
2002 Galerie Art Contact, Rolle
2002 Lex Artis, Zollikon
2003 Contexte Silo, Renens (collective)
2004-2005 (02.12 au 19.01) Galerie Planque, Lausanne
2006 Galerie du Soleil, Saignlégier
2008 Maison des Arts, Chexbres
2015 Maison des Arts Plexus, Chexbres
Expositions collectives dès 1984
Cette notice biographique s’appuie largement sur l’entretien et le portrait que Pierre Hugli a consacrés à Wolfgang Herzberg dans la revue ph+arts (n° 37, été 2008).
Tandis que la description de la période tardive et de son exposition de 2015 à Chexbres s’inspire des analyses de Pierre Jeanneret dans son article publié dans Le Courrier (2015).
1. Pierre HUGLI, « Wolfgang Herzberg : un art coloré venu du nord », ph+arts, no 37, été 2008, p. 22–23.
2. Pierre JEANNERET, « Le peintre Wolfgang Herzberg fait chanter la géométrie », Le Courrier / Courrier de Lavaux-Oron, 29 octobre 2015.
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